FECONDITE (1899)  

 

Fécondité - Travail - Vérité - Justice

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Dans le premier "Fécondité" je traite le sujet qui m'a hanté sous le titre "Le Déchet". Mais j'attendris le sujet, et je l'élargis, en faisant un chant à la fécondité. Rendre esthétique la femme féconde, la femme qui nourrit, la femme qui a beaucoup d'enfants.

Contre la virginité, la religion de la mort, et pour l'expansion de tous les germes. D'abord pour la patrie féconde, la natalité augmente en France, petit côté patriotique, puis le sujet étendu à l'humanité toute entière. Dans "Fécondité" je crée la famille.

Emile ZOLA

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RESUME DU ROMAN

Mathieu et Marianne forment un couple modeste mais qui s'aime et enfante malgré leurs difficultés financières. Leur façon de vivre s'oppose à celle des petits bourgeois qui, eux, prônent la famille restreinte à un enfant afin de pouvoir lui assurer un avenir confortable. C'est ce que pensent les Beauchêne, les Morange et les Seguin. En arrière plan il y a la famille Moineaud, famille d'ouvriers avec ses sept enfants, cette "chair à travail".

Mathieu, un moment troublé par l'existence modeste que mène sa famille, exprime des craintes mais, devant le trouble de sa femme face à ses propos, les oublie pour mener une vie d'amour.

Alors que Marianne attend son cinquième enfant, le docteur Boutan lui apprend que les Seguin attendent leur troisième au grand désespoir de Valentine et surtout de son mari. Quant aux Morange, Valérie découvre avec horreur qu'elle est également enceinte. Seule Marianne est heureuse de sa grossesse.

En parallèle à cela, Mathieu se trouve mêlé à la vie de Norine Moineaud. En effet, cette belle jeune fille mise enceinte par Alexandre Beauchêne, est chassée de chez elle par son père quand il apprend l'état de sa fille. Son dernier recours est de plaider sa cause auprès de Mathieu, le sachant au courant de sa liaison avec le directeur, pour les avoir surpris ensemble un soir. Ce dernier quoi qu'embarrassé, accepte d'aider la jeune fille en parlant à Alexandre. Celui-ci décide de faire placer Norine dans un établissement, de subvenir aux dépenses nécessaires à l'accouchement à condition qu'on ne lui parle jamais de l'enfant.

Mathieu, après quelques recherches, place Norine chez madame Bourdieu. Là, la jeune fille rencontre d'autres femmes, de toutes les conditions sociales, venues accouchées secrètement.

Le jour des couches de Marianne et de Valentine, un drame se joue chez les Morange. Le mari, venu chercher de l'aide auprès de Mathieu, lui apprend que sa femme se meurt. Ayant voulu se débarrasser de l'enfant qu'elle attendait, Valérie s'est rendue chez une sage-femme. Malheureusement l'intervention a mal tourné et une hémorragie s'est déclarée. Comprenant que la situation était désespérée, Morange s'est précipité chez Mathieu. Et ce qu'il craignait arriva. A son retour chez la sage-femme, Morange trouve sa femme morte, déjà froide. Mais la vie reprend le dessus avec la naissance de Gervais le cinquième enfant des Froment. De son côté, Norine a mis au monde un garçon, Alexandre-Honoré, qu'elle décide d'abandonner et qui est envoyé à Rougemont.

Après tous ces événements, le vie a continué avec ses joies et ses peines. Mathieu a quitté son emploi à l'usine pour mené à bien son projet de retourner à la terre, pour la travailler. Il finit par gagner son pari malgré le pessimisme de ses voisins pour qui la terre n'a jamais rien donné. De plus, débarrassé des soucis financiers, sa famille a continué à s'agrandir avec l'arrivée de Claire et de Grégoire, puis de cinq autres enfants encore : Louise, Madeleine, Marguerite, Nicolas et Benjamin. En même temps que sa famille, Mathieu a également agrandi ses terres.

Les années ont passé et les enfants ont grandi. Reine Morange, devenue une magnifique jeune fille, est désormais la raison de vivre de son père. Celui-ci ne vit que dans le but de la marier et de la voir heureuse. Et le fait que le baronne de Lowicz s'occupe d'elle est pour lui une très bonne chose. Il ignore que cette femme à la vie légère, est en train de pervertir sa fille. Il l'apprend à son grand malheur quand la baronne, affolée, vient le chercher en prétextant que sa fille est souffrante. La vérité est que la pauvre fille est morte dans les mêmes circonstance que sa mère.

La mort a également frappé chez les Beauchêne, emportant Maurice leur fils unique. Constance anéantie cherche alors le salut dans la conception d'un autre enfant, mais en vain, ce qui finit de détruire son mariage. Mais la mort n'épargne pas non plus les Froment avec la disparition subite et tragique de Rose, le jour de ses fiançailles, et celle de Blaise causée par Constance, jalouse que ce dernier est remplacée son fils à l'usine. Toutefois la peine des Froment est atténuée par les mariages et les naissances de leurs enfants et de leurs petits-enfants.

Entre temps, on assiste à la déchéance physique de la baronne de Lowicz et d'Euphrasie Moineaud qui ont, volontairement pour la première et involontairement pour l'autre, enlevé leur organe reproducteur.

Le roman s'achève par un banquet organisé en l'honneur de Mathieu et Marianne par l'ensemble de leur famille. Tous réunis autour d'une grande table, ils symbolisent l'hymne à la vie.